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08.04.2011

Une frontière peut-elle être linguistique ?

Non, elle ne peut pas l’être. Une frontière linguistique, n’est pas une frontière, c’est un fantasme politique, le fantasme de politiciens en mal d’hégémonie ; ce n’est qu’un pion avancé sur l’échiquier du séparatisme, elle ne se sert qu’à préparer la future frontière qui séparera la République flamande de la Belgique. Chère à tous les partis flamands.

Crée en 1962-1963, à la demande générale, Wallons et Flamands étaient demandeurs, un nouveau mur de la honte fut élevé. Après tant d’autres : les murs élevés dans, les écoles mixtes, pour séparer petits francophones et petit flamands. Il fallait protéger  ces deniers qui eussent pu être contaminés par le virus fransquillon.

Les écoles uniquement flamandes n’étaient pas en reste et leurs élèves étaient, manipulés, endoctrinés. Il y déjà bien longtemps, mes enfants avaient dans les dix ans, c'est-à-dire dans les années 1958, nous dînions un jour dans un restaurant au milieu d’un parc, en région en périphèrie. Sortis jouer, mes enfants ont été accueillis par des huées, traités de fransquillons, et pourchassés par une véritable meute de petits flamands haineux, criant des slogans anti-francophones, anti-belges, ce n’était pas encore « België Barst ! » mais l’esprit était le même.

Plus tard, il y a eu les « Mars op Brussel » de sinistre mémoire.

À présent, il y a les interdictions de parler français, et avec les incitations à la délation, la chasse aux sorcières, les fantômes de la peste brune ont resurgi.

Cette frontière linguistique fut une faute politique, pire un crime politique. Ce ne furent pas les seuls. Depuis l’arrogance flamande se faisant de plus en plus pressante et les hommes politiques wallons, toujours demandeurs, toujours mendiants, de plus en plus lâches, les revendications flamandes se sont faites de plus en plus pressantes, se sont accumulées. Et on ne compte plus les déculottages honteux francophones

Dans un récent article, Monsieur Guy Vande Putte, enfin un Flamand honnête, enfin un Flamand lucide, rêve d’une région bilingue autour de Bruxelles qui supprimerait les tensions et correspondrait à la réalité sur le terrain.  D’accord pour la scission de B.H.V., mais pour le reste ? Les revendications des Flamands ne se limitent pas à B.H.V.

Pourquoi, alors, ne pas étendre le rêve à la Belgique toute entière, en faire non pas une région bilingue, mais bien une région trilingue. Pourquoi toujours laisser de côté la région germanophone ?

Voilà qui supprimerait toutes les tensions. Et les coups bas comme la flamandisation de l’armée ; la mainmise des Flamands sur tous les postes importants ; le lynchage de Koekelberg qui avait le tort d’être francophone. Ce lynchage une fois de plus ne trouva pas, devant lui, un seul francophone pour avoir le courage d’y faire face. Les arguments ne manquaient pas cependant, et les exemples de dépenses contestables de Flamands non plus.

Il y eut la campagne toute récente contre le prince Laurent. D’accord il avait commis une bévue, pas un crime. Mais cette campagne n’est que la prétexte à remettre sur le tapis la question chère au cœur des Flamants de la dotation Ah ! Cette dotation qui a déjà fait couler  beaucoup d’encre et ce n’est pas prêt de finir.

S’il faut vraiment faire des économies, qu’on aille regarder du côté de la pléthore de ministre. Petit exemple, il y a : 6 ministres de la santé, 4 de l’environnement et j’en passe. Sans parler des pensions qui leur sont accordées.

Ce fut aussi cette très bizarre découverte d’une demi-sœur d’Albert II et pourquoi pas, puisqu’on ne prête qu’aux riches un demi-frère par la même occasion. À quand la découverte d’une enfant naturel de Baudouin ?

Quoique les Flamands puissent penser, on ne peut pas empêcher les gens de circuler. Et, la libre circulation des biens et des personnes n‘est-elle pas garantie ?

On ne peut pas empêcher les gens de s’exprimer dans leur langue, toute interdiction est ressentie comme une agression, engendre l’indiscipline et aboutit inexorablement à la révolte, c’est-à-dire à l’inverse du résultat recherché. En Alsace depuis 1871 jusqu’à 1918, soit pendant près d’un demi siècle, et ensuite de 1940 à 1945, le français y fut interdit, le français y est resté vivant.

On s’enrichit de la richesse d’autri, on s’appauvrit en se repliant sur soi, et, intégration n’est pas synonyme d’assimilation, c’en est même tout le contraire.

Au début, Flamands et Francophones étaient tous des Belges, en dépit de Jules Destrée, qui dans sa lettre au Roi, a osé écrire : « Sire, il n’y a pas de Belges ! »

Qu’étaient donc ces hommes qui en 1830, sur les barricades acceptaient la mort plutôt que l’esclavage et tous ceux qui se sont portés volontaires,  en 1914-1918, et encore en 1940-1945, ont soufferts, ont été mutilés, sont morts pour que vive la Belgique ; qu’étaient-ils, s’ils n’étaient pas des Belges ?

Et, à présent la Belgique agonise.

Quel gâchis !

Alors qu’il eût suffi d’un peu de courage. D’un peu de courage politique, d’un peu de courage civique.

Alors qu’il eût suffi de part et d’autre de faire face courageusement, de regarder la situation avec lucidité, de faire son examen de conscience et d’en tirer les conclusions qui s’imposaient : restriction ! Travail ! Et surtout, surtout du côté politique donner l’exemple de la probité, de l’intérêt pris à la chose publique, au bien des citoyens.

Mais la recherche obligatoire de plaire, pour se faite élire, a conduit à la gabegie et réduit les Wallons à la mendicité.

Il eût suffi d’un peu de courage, mais personne ne l’a voulu.

Inutile dans ce cas de jeter la pierre uniquement aux Flamands. Wallons et Francophones ont leur part de responsabilité.

Les partis politiques bien évidemment, mais aussi les citoyens, tous les citoyens qui, par faiblesse, par opportunisme, par aveuglement  ont voté pour tous ceux qui nous ont conduits là où nous sommes. Et qui sont prêts à revoter pour les mêmes.

Alors qu’aujourd’hui, il n’y a plus aucune illusion à se faire : la Belgique doit s’attendre au pire.

Alors que les chiens sont lâchés, qu’il pleut tous les jours des coups bas : « Bruxelles ne sera jamais une région à part entière », affirmation d’un Kris Peeters, chef de file des CD en V. Affirmation applaudie à deux mains par tous les partis Flamands, ou celle d’un certain Vic Van Aelst, avocat, appartenant à la N-VA : « Le français est devenu une langue insignifiante, il faut supprimer son étude dans les écoles flamandes ». L’attitude toute de mépris de K. Peeters envers la missions économiques présidée par le prince Philippe : Peeters au Brésil quand la mission est en Russie.

Les déclarations que la crise pourrait durer encore longtemps.

Et, le tout à l’avenant.

Comment dans ce cas,  mais comment des politiciens, des citoyens, peuvent-ils croire, ou feindre de croire qu’un arrangement est toujours  possible ?

Aucun arrangement n’arrangerait définitivement la situation ; ce ne serait jamais qu’un emplâtre sur une jambe de bois. Et aux prochaines élections le carrousel recommencerait, avec de nouvelles revendications flamandes. Revendication qui d’ailleurs ont déjà montré le bout du  nez, jusqu’à ce que la Flandre arrive, enfin, à ce quelle veut depuis des années, à ce qui est son but ultime : België Barst !

Et, dont elle ne s’est jamais cachée.

Mesdames Messieurs, chapeau bas. Grâce à nous tous, ils auront gagné.

 Et, Vive la République flamande !

02.09.2010

Le Confédéralisme ce mpiège à cons

Maingain avait raison quand il disait que le Confédéralisme était un piège à cons, Maingain a aujourd’hui encore raison. Ce Confédéralisme tel que voulu et par Di Rupo et par Bart De Wever est un piège à cons, dans lequel, peu à peu, petit à petit, nous ont fait tomber les sept négociateurs. Le MR et surtout Maingain ayant été jugés trop rigoureux quant au maintien : de compensations en contre partie de la scission de BHV ;  quant à la défense des Francophones,  surtout ceux de la périphérie, ainsi qu’en ce qui concerne l’exigence du rattachement des communes à majorité écrasante francophone à Bruxelles et à la nomination, enfin, des trois Bourgmestres, démocratiquement élus, autant que le mot démocratique puisse s’appliquer à des élections en Belgique, où le système tel qu’il existe est anti-démocratique et n’est pas celui préconisé par l’U.E.

Les compensations ont été totalement abandonnées par les négociateurs, qui n’ont rien obtenu, mais ont tout cédé, de recul en recul, devant les exigences des Flamands, sans cesse renouvelées au fil des accords et devant lesquelles, à chaque fois, ils se sont aplatis.

Piège à cons oui, parce que aussi bien Bart De Wever que Di Rupo nous considérant comme des cons, nous ont traités comme des cons, nous ont parlé comme à des cons.

Des cons, parmi nous, il y en a, je ne les citerai pas, ils sont connus et bien connus, des cons complaisants, des cons bénéficiaires des conneries commises en leur nom, des cons satisfaits, béats, gavés, repus, naïfs,  ne se doutant guère de la sauce à laquelle ils devraient être mangés.

Tant de semaines pour, en définitive, pour en arriver à quoi ?

À un blocage ? Que nenni !

Il ne s’agit que d’un pseudo blocage qui  était à prévoir, que chaque jour l’on sentait de plus en plus proche, blocage qui dissimule son vrai nom : échec.

Pour la Belgique il en est un, le pouvoir fédéral qui devrait être renforcé serait réduit au rôle de potiche, au bénéfice des entités fédérées, Flandre et Wallonie, c’en est un aussi, semble-t-il, pour Di Rupo qui dans la situation présente est  le grand perdant.

Semble-t-il, mais l’est-il ? Pas vraiment, pas encore.

Certes, il est trop tard pour faire marche arrière, trop de concessions de législature en législature ont été faites aux Flamands par une Wallonie toujours à court d’argent et faisant figure, à chaque renégociation, de mendiante, qu’ils ont acquis  un sentiment d’invincibilité et ce ne sont pas les dernières dont ils sortent, malgré l’ : «onbuitende ! » les grands vainqueurs qui vont les faire changer d'opinion. Leurs revendications demeurent  intactes, et sont loin d’être calmées, elles restent : toujours, plus de pouvoir. Mais Di Rupo connait le scénario qui va suivre : il en a lui-même dessiné les grandes lignes qu’il entend suivre à la lettre ; si Bart lui prête vie.

Le roi, donc, n’aurait pas voulu décharger Di Rupo !

Sottise que cela, la décision ne vient pas du roi, mais lui a été soufflée par Di Rupo. Si ce dernier avait parlé honnêtement, s’il n’avait pas eu d’arrière pensé, ni de plan prévu, c’est ce qui normalement se serait passé. Mais tout cela ne constituait qu’un des actes d’une mise en scène savamment orchestrée, du pur cinéma.

Faut-il, pour voir un peu plus clair dans cet imbroglio, se fier aux commentaires des uns ou des autres, aussi bien des politiciens que des commentateurs ; peut-on ajouter foi aux propos émis tant du côté des négociateurs francophones que flamands ? Non bien évidemment  non, non et mille fois non, jamais la langue de bois n’a mieux mérité son appellation.

On nous bassine, d’un côté comme de l’autre de : « confiance à retrouver ! »  Ce n’est pas de confiance qu’il s’agit. D’abord, de confiance, il n’y en a jamais eu, ensuite c’est d’appétits politiques qu’il s’agit.

C’est ici que gît le vrai problème ?

Dans le fait que, en dépit des apparences, si Bart De Wever et Di Rupo sont copain copain, font ami ami, marchent main dans la main suivant un même chemin, tous deux sont d’irrémédiables antagonistes.

Tous deux veulent une seule et même chose : le confédéralisme à deux, Bruxelles en étant exclue, réduite à un statut de sous-citoyenneté, mais sous l’hégémonie des Flamands pour Bart, et pour Di Rupo sous celle des Wallons.

À l’encontre de Bart De Wever qui ne cache pas son jeu, Di Rupo, infiniment plus retors, dissimule soigneusement le sien. Parce que, pour le moment, il a besoin de l’appui des Francophones de tous bords et aussi de Bruxelles.

En réalité Di Rupo et le PS derrière lui, se fichent  éperdument du sort des Francophones de la périphérie, comme de la nomination des trois bourgmestres. Et, les Écolos ne sont pas plus fiables. Dans ces domaines ils sont prêts à les abandonner, non seulement prêt, mais ils sont déjà passé à l’acte, en acceptant lors des négociations que de simples garanties, à peine plus élargies que celles existantes, soient consenties vis-à-vis des ces Francophones ; quant aux  trois Bourgmestres non nommé, ils sont déjà passés à la trappe.

Quand on connaît le peu de crédit que l’on peut accorder à la parole des Flamands et ce ne sont pas les circulaires Peeters et autres tracasseries ou mesquineries encourues depuis des années par les Francophones de la périphérie qui me démentiront.

Quant on sait que le département de la justice serait scindé en deux, que dorénavant il y aurait une justice flamande et une justice wallonne, avec disparition de la justice fédérale,  comment croire que qui que ce soit se soucierait de faire respecter ces nouvelles garanties ? Déjà maintenant la cour de Cassation flamande juge toujours en faveur de l’interprétation flamande des textes. Alors ? Alors, il en sera pour les Francophones de la périphérie comme il en fut, autrefois, pour ceux installés en Flandre : ils se retrouveront livrés à leur triste sort, abandonnés de tous.

Mais, in fine, le but de l’un comme de l’autre est la suprématie de leur territoire après annexion de Bruxelles.

Ce n’est pas par hasard ni par maladresse, ni vraiment par complexe de provinciaux,  que ce fut Namur que les Wallons ont choisi pour capitale et y ont érigé leur parlement d’opérette l’Élysette ; quant au Flamands, plus malins, il y a belle lurette qu’ils ont choisi Bruxelles comme capitale et qu’ils y organisent leur fête de la Flandre, sans que le moindre drapeau belge n’y flotte et qu’on y chante en guise de Brabançonne, le Vlaamse Leeuw.

Il est vrai que pour Leterme l’hymne belge était bien la Marseillaise ! Humour à la flamande ?

Conclusion : il est particulièrement odieux que le sort de plus de 10.584.534 d'êtres humains,(en 2007, en 2010 on connaît pas le nombre total d’habitants) soit décidé sans qu’ils puissent émettre le moindre avis. Certes la constitution ne permet pas le référendum, mais la consultation populaire existe et a déjà été pratiquée (Léopold III).

Alors ?

Jusques à quand cette population restera muette ?

05.08.2010

Etre belge

Par hasard, feuilletant des anciens bulletins de cette Amicale, je suis tombée, en première page, sur  l’article repris, in extenso, ci-dessous « du  Bulletin de l’Amicale des A.C.M., oct-nov-décembre 1930, 4e année, n° 16. » :

 

Les peuples qui ne surent pas

renoncer à leurs luttes internes

Ont disparu de l’histoire

« Être Belge :

Maintenant que les lampions se sont éteins – nous voulons parler des fêtes de l’Indépendance – il est permis de se demander si nos compatriotes ont tiré de cet événement les leçons de fierté qui en découlent naturellement.

D’aucuns parmi eux, semblent fatigués d’être belges ! Et les autres, pour la plupart, le sont sans grande conviction. Ainsi certains milliardaires dédaignant les bienfaits de la richesse,  se contentent d’un ordinaire dont ne voudraient pas leurs employés.

Jamais, les hommes n’ont lutté avec tant d’acharnement pour conquérir la fortune, mais d’autre côté, c’est avec indifférence que la plupart des Belges assistent à la destruction de leur fortune morale –si l’on peut dire – sans laquelle l’argent est bien peu de chose.

Nous, A.C.M., nous connaissons la valeur qui s’attache à la qualité belge. Quand nous en avons eu la révélation c’était la guerre, il est vrai.

Mais ce serait une grave erreur de croire qu’avant cela nous ne comptions pas à l’étranger et que depuis le fin de ce grand conflit nous avons rétrogradé au tableau des valeurs internationales.

Pour ce qui est du passé, nous n’avons jamais cessé d’être très haut prisés par l’étranger averti. Tous les Belges qui ont voyagé avant 1914 vous diront l’estime dont nous jouissions de par le monde.

Il y avait à cela de multiples raisons que l’on peut connaître en consultant l’histoire de notre pays.

De plus le nom Belge se voyait encore rehaussé par le prestige dont jouissait le roi Léopold II.

Par ses projet grandioses réalisés envers et contre tous, le grand Roi forçait l’admiration générale. Sa renommée précédait ses compatriotes à l’étranger.

Le rôle de notre armée pendant la guerre enrichit encore notre réputation et l’étendit dans les pays les plus reculés de globe. Ajoutons à cela un lien commun mais nécessaire à rappeler en ce moment : la puissance et la vitalité de notre industrie qui, toutes proportions gardées peut être sans contredit être classée parmi les premières du monde.

Il n’en a guère fallu à d’autres peuples pour se pousser du col…

Rarement vit-on tant d’éléments concourir à la grandeur d’une nation, mais jamais non  plus on ne vit faire si bon marché de cette situation privilégiée par ceux mêmes qui devraient en profiter.

Nos dirigeants – certains d’entre eux tout au moins – au lieu de réagir, consacrent leur efforts à affaiblir encore le sentiment national.

Il n’est pas jusqu’à l’unité du pays qui ne soit battu en brèche par des politiciens sans scrupules et des illuminés dangereux.

Le comble, c’est que ces manœuvres soient tolérées par les plus hautes autorités du pays qui semblent uniquement soucieuses de gagner en donnant des gages à l’extrémisme. Rappelons-nous les années où nous vivions ensemble loin du pays. Est-ce que la moindre discussion s’engagea jamais sur les questions linguistiques ou confessionnelles ? Les rapports entre Flamands et Wallons n’étaient-ils pas confiants et cordiaux ? Est-ce qu’il ne  nous suffisait pas d’être Belges ?

C’est grâce à cette union que nous avons supporté sans défaillance toutes les épreuves et que, nous avons triomphé de toutes les difficultés.

Le grand exemple donné par tous les combattants, à quelques exceptions près, a été perdu avec beaucoup d’autres. Et, c’est au moment où le pays a  plus que jamais besoin d’amitié, d’entente, dans une Europe mal remise de ses blessures et devant un avenir lourd de menaces, qu’on voit chez nous des mauvais bergers s’efforcer de séparer ce qui avait été uni par un siècle d’entente sans nuages !

Que l’on prenne garde ! Nous ne conserverons les fruits du travail et la paix chèrement conquise par la victoire que si nous sommes assez forts pour les défendre.

Déjà avant la guerre, notre empire colonial avait éveillé la cupidité de certains pays.

Une Belgique divisée réveillerait immédiatement les convoitises apaisées. Elle serait impuissante à conjurer de  nouvelles machinations.

Nous sommes peut-être à la veille d’un bouleversement qui remettrait en question notre existence. Si nous opposons un front unique à l’adversité nous pouvons espérer que se reproduise le miracle de 1914.

Si nous nous déchirons nous-mêmes, nous sommes perdus d’avance.

Déjà en 1914, ce sont les combattants qui ont du réparer les fautes commises par les politiciens.

Une fois suffit !

Nous avons le devoir de nous opposer, par tous les moyens légaux aux menées des mauvais Belges, des inconscients,  et des fous qui mènent le pays à l’abîme.

Chacun, dans sa sphère d’action, doit collaborer à cette œuvre de saine réaction.

Les Autos-Canons, qui ont donné tant de preuves de leur clairvoyant patriotisme, ne seront pas les derniers,  nous en sommes sûrs, à seconder les efforts de ceux qui ont discerné le péril et s’efforcent d’y parer. »

À peu de chose près, cet article aurait pu être rédigé aujourd’hui. C’était en 1930 !

Article prémonitoire s’il en est.

Si certains de ces hommes qui ont combattu pour que naisse la Belgique, ou qui ont combattu en 1914 et 1940,  pour qu’elle vive libre et digne, revenaient, que penseraient-ils de leurs descendants ? Qui regarde, avec indifférence, leur pays s’en aller à vau-l’eau.

Honte sur eux !

Oui, aujourd’hui, j’ai honte d’être Belge.

ACM : Corps Expéditionnaire Belge des Autos-Canons-Mitrailleuses en Russie,  1915-1918.